Programme de formationAdobe PhotoshopVoir le programmeSommaire14 sections
Fin septembre, un développeur d'Atlanta a mis sur GitHub des copies de Photoshop, Premiere Pro, Illustrator, Lightroom, Acrobat, After Effects et InDesign, réécrites de zéro en Rust avec Claude Opus 5.5. Une semaine plus tard, il ajoutait Word, Excel et PowerPoint. Le tout s'appelle ArtCraft, c'est gratuit, et c'est sous licence libre.
Ce qui me sidère, ce n'est pas la prouesse technique. C'est que c'est légal. Assez légal pour qu'on le propose désormais à nos clients en formation, à côté du logiciel d'Adobe ou de Microsoft. Avant de le recommander, je l'ai installé sur mon Mac et je l'ai passé aux exercices de nos programmes de formation : détourer un sujet dans PhotoCraft, monter un tableau croisé dynamique dans GridCraft, structurer un document et suivre ses modifications dans WordCraft, monter un clip dans FilmCraft, vectoriser une image dans VectorCraft. Voici ce qui marche, ce qui casse, et pourquoi vous avez le droit de vous en servir.
ArtCraft, c'est quoi exactement
ArtCraft est une suite de logiciels gratuits et open source qui reproduisent les applications d'Adobe et de Microsoft : PhotoCraft pour Photoshop, VectorCraft pour Illustrator, FilmCraft pour Premiere Pro, WordCraft pour Word, GridCraft pour Excel, et cinq autres. Elles sont écrites en Rust par Brandon Thomas (compte storytold sur GitHub), tournent nativement sur macOS, Windows et Linux, et sont publiées sous licence MIT ou Apache-2.0. Le projet se présente comme une réimplémentation « clean-room » : aucun code d'Adobe, tout est reconstruit à partir des spécifications publiques et du comportement observé.
Le nom prête à confusion : ArtCraft est aussi le studio d'images et de vidéos par IA du même éditeur. Les applications qui nous intéressent s'appellent les Crafting Apps, et un lanceur, l'ArtCraft Launcher, les installe et les met à jour. Sur mon Mac, il affiche douze applications, en français, chacune avec sa référence : « Comme Adobe Premiere Pro® », « Comme Microsoft Word® ».
Le lanceur : 12 applications, 7 installées sur ce poste, versions datées du 12 octobre 2026.
| Application | Remplace | Version installée | Testée ici |
|---|---|---|---|
| PhotoCraft | Adobe Photoshop | 0.8.2 | Détourage, masque, PSD |
| VectorCraft | Adobe Illustrator | 0.10.0 | Vectorisation, export SVG |
| FilmCraft | Adobe Premiere Pro | 0.7.2 | Import, séquence, lecture |
| EffectCraft | Adobe After Effects | 0.9.2 | Non |
| DesignCraft | Adobe InDesign | 0.7.1 | Non |
| LightCraft | Adobe Lightroom | 0.7.1 | Non |
| PdfCraft | Adobe Acrobat Pro | 0.7.1 | Non |
| WordCraft | Microsoft Word | 0.6.1 | Styles, sommaire, suivi, .docx |
| GridCraft | Microsoft Excel | 0.6.1 | Tableau croisé sur 151 541 lignes |
| DeckCraft | Microsoft PowerPoint | 0.6.1 | Non |
Recodé par l'IA : ce que ce projet dit de 2026
Jusqu'ici, recréer Photoshop était un chantier de plusieurs années pour une équipe entière : GIMP, l'alternative libre historique, existe depuis 1996. Ici, une personne a créé les dépôts de sept applications en deux jours (30 septembre et 1er octobre), puis de trois autres le 7 octobre, avec un agent de codage comme principal outil. Le rythme continue : PhotoCraft est passé de la version 0.6.0 à la 0.8.2 entre le 10 et le 12 octobre, trois versions en trois jours.
Le plus parlant est dans la documentation du projet lui-même. Elle estime le chemin restant jusqu'à la version bêta de PhotoCraft à « 1 100 à 1 800 heures d'agent Opus 5.5 ». Le travail ne se compte plus en développeurs, il se compte en heures de modèle. C'est le prolongement direct de ce qu'on appelle le vibe coding, appliqué à des logiciels entiers.
L'autre conséquence se voit à l'usage. Chaque menu, chaque outil, chaque boîte de dialogue correspond à une commande : 892 dans PhotoCraft, 615 dans WordCraft, 1 017 dans VectorCraft, 700 dans FilmCraft. Toutes se pilotent par script ou par un agent IA via un serveur MCP, sur le principe décrit dans notre guide des serveurs MCP. Adobe fait la même promesse avec son connecteur Adobe pour Claude, mais ici, rien n'est payant et tout est documenté.
ArtCraft est-il légal ?
Deux questions se cachent derrière celle-ci, et elles n'ont pas la même réponse.
L'utiliser, vous : oui, sans réserve. Chaque application est publiée sous licence MIT ou Apache-2.0, deux licences libres qui autorisent l'usage, y compris commercial, y compris en entreprise et en formation. Les fichiers que vous produisez vous appartiennent. Les binaires pour Mac sont signés par l'éditeur et validés par Apple : sur mon poste, spctl renvoie « Notarized Developer ID » pour les huit applications installées.
L'avoir fabriqué : très probablement, mais aucun tribunal ne l'a encore dit. C'est là que c'est fou, et c'est le droit européen qui le permet. En 2012, dans l'affaire SAS Institute contre World Programming (C-406/10), la Cour de justice de l'Union européenne a jugé que ni les fonctionnalités d'un logiciel, ni son langage de programmation, ni le format de ses fichiers ne sont protégés par le droit d'auteur. Seul le code l'est. Le droit français va dans le même sens : l'article L122-6-1 du Code de la propriété intellectuelle autorise l'utilisateur légitime d'un logiciel à en « observer, étudier ou tester le fonctionnement » pour en comprendre les principes, sans l'autorisation de l'auteur. Reproduire ce que fait Photoshop, sans copier une ligne de son code, est donc permis. Le format PSD, lui, est décrit dans une spécification qu'Adobe a rendue publique, et c'est d'elle que part PhotoCraft.
Extrait du README de PhotoCraft (surlignage ajouté) : la méthode « clean-room », la licence, et l'avertissement sur les marques d'Adobe.
Aux États-Unis, où un procès aurait le plus de chances de démarrer, la Cour suprême a jugé en 2021 que Google pouvait reprendre l'interface de programmation de Java (affaire Oracle contre Google), et la justice fédérale avait déjà estimé en 1995 que la hiérarchie des menus de Lotus 1-2-3 n'était pas protégeable.
Restent quatre zones grises, que je préfère vous donner telles quelles :
- L'interface. La même Cour de justice a jugé en 2010 (affaire C-393/09) qu'une interface graphique peut être protégée si elle est originale. Une imitation trop fidèle de l'apparence de Photoshop pourrait poser problème. Les menus et les noms d'outils, eux, relèvent de la fonctionnalité.
- Les brevets. Adobe en détient des milliers. Un brevet protège une méthode, pas un code, et le « clean-room » n'y change rien.
- Les marques. Le projet évite les noms d'Adobe et le rappelle en bas de chaque README. Andres Guadamuz, universitaire spécialiste de la propriété intellectuelle, note que certains noms sont assez évocateurs pour intéresser un avocat en marques.
- La méthode. Un « clean-room » classique sépare deux équipes : l'une décrit le logiciel, l'autre code sans jamais le voir. Ici, une seule personne et un modèle d'IA. Le même juriste rappelle que cette séparation sert surtout de preuve en cas de procès, et que personne n'a vérifié comment elle a été tenue.
Au 11 octobre, Adobe n'avait fait aucune déclaration publique et n'avait envoyé, à notre connaissance, aucune mise en demeure. Je ne suis pas juriste. Ma lecture pour un utilisateur : la licence vous autorise à vous servir de ces logiciels, et si un tribunal jugeait un jour que le code empiète sur un droit d'Adobe, c'est le projet qui serait visé en premier (retrait, modification). En formation, la parade est simple : on enseigne des gestes qui fonctionnent dans les deux logiciels.
Étape 1 : télécharger ArtCraft au bon endroit
Deux sources officielles : le site getartcraft.com, qui propose le lanceur, et la page « Releases » de chaque dépôt GitHub (github.com/storytold). Méfiez-vous des sites qui reprennent le nom : getartcraft.app, par exemple, se présente lui-même comme un « miroir communautaire indépendant ». Pour un logiciel qu'on installe sur les postes d'une équipe, on prend la source.
La release 0.8.2 de PhotoCraft : un fichier par système, chacun avec son empreinte SHA-256 (surlignage ajouté sur le DMG Mac).
Sur Mac, je prends le DMG universel (83,9 Mo pour PhotoCraft) et le fichier SHA256SUMS.txt publié à côté. Deux commandes vérifient qu'on a bien le fichier de l'éditeur :
shasum -a 256 -c SHA256SUMS.txt --ignore-missing
spctl --assess --type open --context context:primary-signature -vv photocraft-0.8.2-macos-universal.dmg
La première renvoie « OK », la seconde « accepted, source=Notarized Developer ID », avec le nom de la société qui signe : Learning Machines LLC. J'ai fait la même vérification pour FilmCraft, VectorCraft, WordCraft et GridCraft, avec le même résultat. Ensuite, on glisse l'application dans le dossier Applications, comme n'importe quel logiciel Mac. Sous Windows, chaque application testée ici a son installateur MSI (x64, ARM64 et x86) et une version portable en ZIP, sur la même page de release.
Étape 2 : prendre en main PhotoCraft
Au premier lancement, PhotoCraft s'ouvre en anglais. La langue se change dans les préférences, et l'interface passe en français : Couleur, Nuancier, Dégradés, Motifs, Propriétés, Calques, Canaux, Tracés. Un utilisateur de Photoshop retrouve tout à sa place.
L'accueil de PhotoCraft. La barre d'outils, les panneaux et le menu Essentiel reprennent la disposition de Photoshop.
Ce qui compte pour quelqu'un qui apprend, ce sont les raccourcis. PhotoCraft reprend ceux de Photoshop, au point d'entrer en conflit avec ceux de macOS : au lancement, son journal signale que Cmd+M ouvre les Courbes (et non « Placer dans le Dock ») et que Cmd+H masque les extras (et non l'application), exactement comme dans Photoshop. Un raccourci appris ici sert le jour où l'on passe sur le logiciel d'Adobe.
La photo de l'exercice, ouverte dans PhotoCraft : 5184 × 3456 pixels, prise au Canon EOS 550D.
Étape 3 : détourer un sujet, le cas d'école
Pour le test, j'ai pris un exercice de notre programme Photoshop : détourer un sujet et lui changer de fond. La photo est libre de droits (un chat gris dans l'herbe, publié en CC0 sur Wikimedia Commons), et le sujet est piégeux exprès : des poils, des moustaches, des oreilles fines sur un fond texturé.
Sélectionner le sujet. PhotoCraft a l'équivalent de la commande de Photoshop. Elle tourne en local, sans compte ni cloud, et répond en moins d'une seconde. Le résultat, lui, déçoit : seule la tête est sélectionnée. Le corps et la pointe des oreilles sont exclus.
La sélection automatique ne retient que la tête. Sur ce type de photo, ne comptez pas sur un clic.
Compléter à la main. Avec l'outil Sélection rapide en mode ajout, il m'a fallu cinq passes pour récupérer le corps, le dos et les oreilles. Le comportement est celui de Photoshop : on peint sur la zone, la sélection s'étend jusqu'aux contours détectés.
Après les passes de Sélection rapide : oreilles et corps rattrapés. La barre d'options propose « Améliorer le contour » et rappelle Option pour soustraire.
Affiner et masquer. La commande « Sélectionner et masquer », avec l'option Décontaminer les couleurs, transforme la sélection en masque. Comme dans Photoshop, cette option impose une sortie sur un nouveau calque masqué : l'original reste intact en dessous. J'ai caché l'original et ajouté un calque de remplissage en dégradé radial pour le nouveau fond.
Le résultat brut a les défauts classiques d'un premier détourage : l'intérieur des oreilles a été creusé, une tache d'herbe est restée en haut à gauche, et un morceau du dos a disparu.
Le premier jet, avec les défauts typiques d'un détourage automatique sur des poils.
Corriger au pinceau sur le masque. La réparation est la même que dans Photoshop : pinceau blanc sur le masque pour faire réapparaître, pinceau noir pour cacher. Onze coups de pinceau ont suffi à rendre l'intérieur des oreilles, à combler le dos et à effacer l'herbe. Les bords autour de la tête restent un peu durs : un détourage de poils propre demande plus de travail, dans PhotoCraft comme ailleurs.
Après onze coups de pinceau sur le masque. Le calque garde son masque modifiable et le dégradé reste un calque de remplissage.
L'enregistrement en PSD a pris 1,3 seconde pour un fichier de 88 Mo. Pour vérifier que ce PSD serait lisible ailleurs, je l'ai rouvert avec psd-tools, une bibliothèque indépendante qui lit les fichiers Photoshop : trois calques, le dégradé toujours reconnu comme calque de remplissage, le masque intact, et le nom « Chat détouré » avec son accent. L'éditeur annonce qu'un PSD réenregistré par PhotoCraft s'affiche à l'identique pour 307 des 309 fichiers de test de psd-tools, et reconnaît lui-même que l'échange avec Photoshop n'est pas encore assez fiable pour passer en bêta.
Un détail trahit la jeunesse du logiciel : l'interface est en français, mais l'historique affiche « Open », « Select Subject », « Quick Selection ». Rien de bloquant, mais un débutant le remarquera.
Étape 4 : un tableau croisé dynamique dans GridCraft
Côté Excel, l'exercice type de notre programme est le tableau croisé dynamique, et il se fait sur un vrai fichier, pas sur dix lignes de démonstration. J'ai pris la Liste publique des organismes de formation, publiée par le ministère du Travail sur data.gouv.fr : un classeur Excel de 23,8 Mo, 151 541 organismes, 29 colonnes. GridCraft l'ouvre en 2,4 secondes, avec un ruban qui reprend celui d'Excel, en français.
Le fichier du ministère dans GridCraft. Notez l'en-tête sur deux lignes : c'est le piège de l'exercice.
Premier essai, tableau croisé lancé sur la feuille telle quelle. GridCraft refuse : no field 'Code Région' in the source data. La cause est la même que dans Excel : la première ligne, fusionnée (« Adresse de l'organisme », « Certification QUALIOPI »), sert d'en-tête, et les vrais noms de colonnes sont en ligne 2. J'ai supprimé la ligne 1 et donné un nom aux quatre premières colonnes, qui ne contenaient qu'un tiret. Au deuxième essai, le tableau croisé est calculé en 0,44 seconde sur les 151 541 lignes. Les en-têtes en double (« Dénomination », « Voie », « Ville » apparaissent deux fois) ont été renommés automatiquement en « Dénomination2 », « Voie2 », comme le fait Excel.
Organismes de formation par région et certification Qualiopi. Totaux vérifiés à l'unité près par un comptage indépendant.
Le résultat est juste : 44 343 organismes déclarent la certification Qualiopi pour les actions de formation, 1 241 répondent non, et 105 957 laissent la case vide. L'Île-de-France (code 11) en compte 39 311, dont 12 861 certifiés. J'ai recompté les mêmes chiffres avec un script Python indépendant : identiques. Le fichier enregistré en .xlsx contient un vrai tableau croisé et un vrai graphique au format Excel, pas une image figée.
Les finitions, en revanche, restent à faire. « Row Labels », « Grand Total » et le panneau « PivotTable Fields » sont en anglais alors que l'interface est en français, la catégorie vide apparaît sous le nom « Series1 » dans la légende du graphique, et l'onglet Fichier s'appelle « Nom du fichier ». L'éditeur estime GridCraft à 50 % de ce qu'il faut pour un usage professionnel réel.
Étape 5 : styles, sommaire et suivi des modifications dans WordCraft
Pour Word, j'ai pris un document administratif réel : la notice d'accompagnement du jeu de données « Programme vacances travail », publiée par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères. Cinq pages, produites avec Word. WordCraft l'ouvre fidèlement : bloc Marianne, titres, cinq pages comme dans Word. Le compteur affiche 982 mots, quand les propriétés du fichier Word en annoncent 1 020 : les deux logiciels ne comptent pas de la même façon.
Un .docx produit avec Word 2013, ouvert dans WordCraft. La mise en page tient.
Ce document a un défaut classique : tous les paragraphes, titres compris, utilisent le même style maison (« Intitulé de la direction »). Aucun titre n'en est vraiment un pour le logiciel, et une table des matières automatique sortirait vide. J'ai appliqué le style Titre 1 aux quatre intertitres, puis inséré un sommaire. Résultat : quatre entrées, avec points de suite et numéros de page.
Le sommaire n'existe qu'une fois les styles de titre appliqués. C'est la leçon de l'exercice, dans Word comme ici.
Un piège rencontré au passage : mon premier sommaire a remplacé le grand titre du document. Le titre était encore sélectionné au moment de l'insertion, et WordCraft a fait ce que fait Word dans ce cas : remplacer la sélection. Une annulation, un clic en fin de ligne, et le sommaire s'est placé au bon endroit.
Suivre les modifications. Le texte contient une vraie faute (« les jeunes âgé de 18 à 30 ans ») et une mention de travail oubliée dans la version publiée (« [à vérifier] »). Suivi des modifications activé, j'ai corrigé l'accord et posé un commentaire sur la mention. La barre d'état affiche « Suivi des modifications : activé », l'insertion est soulignée en couleur, la suppression barrée, le commentaire s'ouvre dans le volet de droite avec ses boutons Répondre et Résoudre.
La correction suivie et le commentaire. Le fichier enregistré garde les deux au format Word.
Deux réserves. À l'écran, le mot inséré s'affiche avant le mot supprimé (« âgésâgé »), l'inverse de Word, ce qui se lit mal. Et le commentaire est signé « WordCraft User » tant qu'on n'a pas renseigné son nom. Le .docx enregistré, lui, est propre : j'ai ouvert son XML, on y trouve l'insertion et la suppression suivies, le champ de table des matières, les quatre titres et le commentaire, dans les balises standard de Word. L'export PDF avec les annotations fonctionne aussi.
Étape 6 : FilmCraft et VectorCraft, en tour rapide
FilmCraft. Pour la vidéo, j'ai pris la bande-annonce de Big Buck Bunny (Blender Foundation, licence CC BY), dans la version .mov proposée par Wikimedia Commons. Échec immédiat : la vignette affiche MEDIA UNREADABLE. La vidéo est encodée en MPEG-4 Part 2, la famille de DivX et Xvid, que FilmCraft ne lit pas encore (son README le dit). Le son, en MP3, est bien lu.
Le .mov en MPEG-4 Part 2 : illisible côté image, lu côté son. Vérifiez le codec de vos rushs avant d'importer.
Avec la version WebM du même clip (codec VP9), tout fonctionne : séquence créée depuis le clip, image affichée au moniteur Programme, forme d'onde sur la piste audio, mesures en LUFS. La disposition est celle de Premiere Pro : Source, Programme, Projet, timeline. Pour des rushs de caméra ou de téléphone en H.264 ou HEVC, FilmCraft utilise le décodage matériel du Mac.
La même bande-annonce en WebM VP9. La disposition reprend celle de Premiere Pro, panneaux en français.
VectorCraft. L'exercice classique d'Illustrator est la vectorisation dynamique d'une image. J'ai repris le chat détouré : préréglage « 6 Colors », 1 219 tracés et 27 456 points d'ancrage, avec les boutons Décomposer et Libérer d'Illustrator dans le panneau Propriétés. L'export SVG fait 813 Ko et contient bien les 1 219 tracés.
Vectorisation en six couleurs. Le panneau Propriétés reprend celui d'Illustrator, en français.
Ce qu'ArtCraft ne fait pas encore
Les applications sont en version alpha, et l'éditeur publie ses propres chiffres, ce qui est rare. Il en donne deux par logiciel : la part des fonctions du logiciel de référence qui existent, et une estimation de ce qui est prêt pour un vrai travail professionnel.
| Application | Fonctions présentes | Prête pour un vrai travail | Manques principaux |
|---|---|---|---|
| PhotoCraft | ≈ 76 % de Photoshop | ≈ 45 % | IA générative, plugins, échange PSD pas encore fiable |
| FilmCraft | ≈ 86 % de Premiere Pro | ≈ 56 % | Projets .prproj, plugins, codecs de livraison |
| VectorCraft | ≈ 88 % d'Illustrator | ≈ 65 % | Profondeur des fonctions (≈ 75 %) |
| WordCraft | 88 % du ruban de Word | Non chiffré | Finitions d'affichage du suivi |
| GridCraft | Non chiffré | ≈ 50 % | Fidélité XLSX sur fichiers réels, traductions |
Ces chiffres viennent des dépôts GitHub de l'éditeur, relevés le 13 octobre 2026, et ils bougent toutes les semaines. Ce que mon test y ajoute : les gestes de base marchent, les fichiers produits sont lisibles par les outils standard, et chaque application laisse voir sa jeunesse sur un détail (une traduction manquante, un codec, un libellé). Pas de fonctions d'IA générative, pas de plugins, pas de compte, pas de cloud. Pour certains, c'est un défaut. Pour d'autres, c'est l'argument.
ArtCraft ou Adobe : pour qui, aujourd'hui
Le calcul est vite fait. Sur adobe.com, Creative Cloud Pro, qui donne accès à toutes les applications, coûte 78,65 € TTC par mois en formule annuelle, et Photoshop seul 26,21 €. Les étudiants et enseignants paient 19,50 € par mois la première année, puis 40,32 €. Et la formule annuelle payée au mois ne se résilie pas librement : passé le délai de rétractation, Adobe facture la moitié des mois restants. C'est précisément ces frais de résiliation, payés « une fois de trop », qui ont poussé Brandon Thomas à lancer le projet.
Ma lecture, sans détour.
- Pour un étudiant, un apprenant, un salarié en reconversion : oui, tout de suite. C'est gratuit, sans limite de durée, et les gestes appris (sélection, masques, styles, tableaux croisés) sont ceux du logiciel de référence. Pour qui compte acheter Photoshop ou Premiere plus tard, c'est la meilleure façon de savoir si l'abonnement vaudra le coup.
- Pour s'entraîner entre deux sessions de formation : oui. Un participant qui n'a pas de licence chez lui ou sur son poste peut refaire les exercices le soir même.
- Pour une agence ou un service communication en production : pas encore. L'échange de PSD avec Photoshop n'est pas fiable à 100 %, les projets Premiere ne s'ouvrent pas, et aucun plugin ne fonctionne. Quand un client vous envoie un fichier, vous devez pouvoir le rendre tel quel.
- Pour un poste ponctuel (un stagiaire, un commercial qui retouche une image par mois) : à tester. PhotoCraft et WordCraft couvrent déjà ce besoin.
Formations intra Adobe et bureautique
On forme votre équipe sur le logiciel, et on lui donne de quoi s'entraîner gratuitement.
Nos formations Photoshop, Illustrator, Premiere Pro, After Effects, InDesign, Word, Excel et PowerPoint partent de vos fichiers et de vos usages. Les participants repartent avec les gestes du logiciel de référence, et avec la suite Craft installée pour continuer à pratiquer sur les postes sans licence. En intra dans vos locaux ou à distance, durée recommandée selon le niveau de l'équipe. Formation certifiée Qualiopi.
- Exercices sur vos propres fichiers, pas sur des démonstrations
- Les gestes appris marchent dans le logiciel Adobe ou Microsoft et dans son équivalent Craft
- Formation intra sur mesure, finançable via votre OPCO
Formations concernées
Pourquoi on le propose désormais en formation
Le déclic, pour moi, tient en un mot : gratuit. Un participant qui sort d'une formation Photoshop ou Excel sans licence chez lui, ou un apprenant qui hésite à s'abonner, avait jusqu'ici deux options : payer, ou arrêter de pratiquer. Il en a maintenant une troisième, légale, qui reprend les menus, les outils et les raccourcis du logiciel de référence. Pour ceux qui comptent acheter le logiciel ensuite, c'est l'occasion de s'y faire avant de payer.
C'est pour ça qu'on propose désormais aux clients de l'utiliser. La formation se fait sur le logiciel que l'entreprise emploie, sur ses propres fichiers : Photoshop, Illustrator, Premiere Pro, After Effects, InDesign, Word, Excel ou PowerPoint. L'équivalent Craft sert à continuer après : un poste sans licence, un participant qui refait l'exercice chez lui, une équipe qui veut tester avant d'étendre ses abonnements. Le formateur signale les écarts entre les deux logiciels quand ils existent, comme ceux relevés dans cet article.
Pour aller plus loin
- Vibe coding : définition, outils et exemples, pour comprendre comment un agent de codage écrit un logiciel de cette taille.
- Claude Code : tutoriel d'installation et premiers pas, l'agent de la même famille que le modèle utilisé pour ArtCraft.
- Connecteur Adobe for creativity : piloter la suite Adobe depuis Claude, la réponse d'Adobe, côté logiciel payant.
- Monter une interview avec l'IA : j'ai testé Claude sur Premiere Pro, si c'est la vidéo qui vous intéresse.
FAQ : ArtCraft
ArtCraft est-il gratuit ?+
Oui. Les applications ArtCraft (PhotoCraft, VectorCraft, FilmCraft, WordCraft, GridCraft et les autres) sont gratuites, sans abonnement, sans limite de durée et sans fonction réservée à une version payante. Elles sont publiées sous licence libre MIT ou Apache-2.0. Seul le studio d'IA du même éditeur, distinct des applications, propose des crédits payants.
ArtCraft est-il légal ?+
L'utiliser est légal : la licence MIT ou Apache-2.0 autorise l'usage, y compris commercial. La création du logiciel s'appuie sur le droit européen, qui ne protège ni les fonctionnalités ni les formats de fichiers d'un programme (arrêt SAS Institute de la Cour de justice de l'Union européenne, 2012), seulement son code. Aucun tribunal ne s'est encore prononcé sur ArtCraft, et l'interface, les brevets et les marques restent des zones grises pour l'éditeur du projet.
PhotoCraft peut-il remplacer Photoshop ?+
Pas encore pour un usage professionnel. L'éditeur estime PhotoCraft prêt à environ 45 % pour un vrai travail de production, en version alpha : pas d'IA générative, pas de plugins, échange de fichiers PSD pas encore totalement fiable. Pour apprendre, s'entraîner ou retoucher des images ponctuellement, il couvre déjà les outils de base : calques, masques, sélections, réglages, texte.
ArtCraft ouvre-t-il les fichiers PSD, DOCX et XLSX ?+
Oui. PhotoCraft lit et écrit le PSD avec ses calques et ses masques, WordCraft le DOCX avec le suivi des modifications et les commentaires, GridCraft le XLSX avec les formules, les tableaux croisés et les graphiques. Les fichiers enregistrés restent lisibles par les logiciels d'Adobe et de Microsoft, avec des écarts possibles sur les fonctions avancées.
Où télécharger ArtCraft en toute sécurité ?+
Sur le site officiel getartcraft.com ou sur la page Releases des dépôts GitHub de l'éditeur (github.com/storytold). Chaque fichier y est publié avec son empreinte SHA-256. Sur Mac, les applications sont signées et notarisées par Apple au nom de Learning Machines LLC. Évitez les sites miroirs qui reprennent le nom du projet.
Sur quels systèmes fonctionne ArtCraft ?+
Les applications tournent nativement sur macOS (Apple Silicon et Intel), Linux et, pour plusieurs d'entre elles, Windows. PhotoCraft existe aussi en version web. La disponibilité varie d'une application à l'autre : la page Releases de chaque dépôt liste les systèmes pris en charge.
Auteur
William Berdugo
Fondateur et directeur pédagogique de Mill-Forma
Depuis 2018, il conçoit avec les entreprises des formations intra sur-mesure sur les métiers créatifs, tech et marketing, dans un organisme certifié Qualiopi.
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